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Espaces verts
 
Le troisième millénaire est résolument vert. Les architectes inventent avec leurs collègues paysagistes des concepts nouveaux. Ainsi, sont nés les murs végétaux. Des plantes vertes tout le long du mur sont tenues vivantes par des cloisons de mousse et des sachets de substrats. Selon la même logique, on note la poursuite voire l’accélération des demandes de végétalisation de toitures - terrasses sur les toits des logements, bâtiments publics, garages, centres commerciaux, bureaux et hôpitaux. On voit aussi des cabanes (notamment dans les arbres) et des points de rencontre dans les espaces extérieurs. Les jardinières sont de retours aux balcons et fenêtres. Des jardins de cactus fleurissent dans certaines entreprises. Des halls sont construits autour d’arbres ou bien des arbres sont rapportés dans des halls qui deviennent la pièce maîtresse de la décoration.

L’ACTIVITÉ
L’image donnée par les espaces verts est déterminante. elle conditionne la première impression du visiteur.

Cet enjeu peut sembler secondaire par rapport à celui, plus psychologique, du bien-être des salariés. Ceux-ci trouveront pourtant un réel plaisir à quitter des yeux l’écran de l’ordinateur pour observer un buisson ou une plante.

Les espaces verts sont de dimensions humaines. À ce titre, ils sont très importants dans le milieu parfois déshumanisé des lieux de travail. Ils procurent détente et confort visuel.

LES PRESTATIONS
Les architectes paysagistes conçoivent et réalisent l’aménagement paysager. Il existerait environ 1 000 à 1 500 architectes paysagistes en France. Ils sont principalement requis pour les grands projets sur lesquels ils interviennent dès l’origine et dès la construction ou la réhabilitation du bâtiment.
Les producteurs de végétaux cultivent les végétaux. Ils sont rarement en prise directe avec le donneur d’ordre mais plus souvent avec l’architecte ou l’entrepreneur.
Les entrepreneurs du paysage assurent la création et l’entretien d’espaces verts. Ces derniers sont les plus nombreux sur le marché avec près de 13 500 entreprises en France dont plus de 80 % emploient moins de 6 salariés. Ils ont souvent en interne des personnes formées à la conception.

Quatre organismes regroupent ces différents métiers :
- La fédération française du paysage - FFP ;
- La fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières -FNPHP ;
- L’union nationale des entrepreneurs du paysage - UNEP ;
- Le syndicat national des paysagistes d’Intérieur - SNPI.

LA LÉGISLATION
Un certain nombre de textes et de règlements préfectoraux sont utiles à connaître dans le cadre de la création et de la gestion des espaces verts.

Nous en citons quelques uns, mais invitons les lecteurs à se rapprocher systématiquement de leur mairie ou de leur préfecture pour examiner ces textes.
Article 671 du code civil : Interdiction d’effectuer des plantations dépassant 2 m de haut à moins de 2 m de la limite séparative. Si l’arbre est en place depuis au moins 30 ans, il y a prescription.
Article 673 du code civil : Obligation d’élagage des branches dépassant sur la propriété d’autrui ou sur la voie publique.
Décret du 06 octobre 1997 : Régissant la coupe des arbres proches des lignes EDF
Article 5 du code de la voirie routière : Interdiction de planter des arbres à moins de 6 m de la bordure d’une voie ferrée.
Articles le 114-1 à l 114-6 et r 144-1 et 2 : Obligation de travaux d’élagage ou d’arrachage si les végétaux jouxtent un virage, un croisement ou une zone sensible de circulation.


LES MÉTHODES
• Aménagement et entretien
Les sociétés spécialisées en aménagement et entretien d’espaces verts sont nombreuses. Il est donc important de bien cerner ses besoins avant de faire appel à elles.

Le besoin
Que voulez-vous faire ? Créer ou réhabiliter ? Transplanter ou modifier ? Et en premier lieu, s’agit-il d’un problème d’entretien courant ou non ?
Trop souvent, par manque de connaissance de ces métiers, on fait appel au premier prestataire venu en pensant qu’il sait tout faire. La désillusion est alors, souvent, au rendez-vous et les coûts s’avèrent importants.
Il existe dans ce corps de métier des entreprises spécialisées qui répondent à la demande.
De ce fait, la maîtrise d’ouvrage et les gestionnaires devront soigneusement définir les besoins, un minimum de garanties s’imposant.

Les besoins doivent être clairement exprimés et le type de prestation identifié.
La sélection ne peut se faire que par comparaison entre prestataires :
- Leurs références passées et  récentes,
- Leur coût avec une présentation détaillée et   compréhensible,
- Les délais et garanties de bon achèvement des missions à exécuter.

  Le coût n’est pas le seul critère. Le bon marché est souvent cher, au final!
Donc, nécessité d’une grande rigueur des engagements des deux côtés :
- le prestataire doit respecter qualité et délais ;
- le maître d’ouvrage, ses règlements.
La taille des entreprises qui travaillent dans ce secteur est généralement modeste.
Ces prestataires demandent donc souvent des règlements rapides. Ceci peut paraître contraignant, mais n’enlève rien à leur sérieux.

Le choix du ou des bons partenaires
En fonction du besoin, il est possible que plusieurs partenaires soient nécessaires.
Il est utile de faire le point avant de se lancer dans la réalisation de votre projet. Prendre conseil auprès d’un architecte paysagiste ou de professionnels aguerris évitera les erreurs.
N’oublions pas que nous travaillons avec des matériaux vivants et que ce métier est difficile car sujet aux aléas du temps et des saisons. Il vous sera peut-être nécessaire de contracter des contrats de culture.
La visite des pépinières et des serres de production est indispensable, car une bonne connaissance des produits et des conditions de culture est toujours utile.

Souscrire un contrat d’entretien
Quelques remarques pour aider à bien rédiger votre contrat d’entretien :
Exiger un calendrier planning pour l’entretien de vos végétaux.
Le soin des végétaux nécessitant l’application de produits phytosanitaire et l’apport d’une fertilisation appropriée. Ce sont des compétences de plus en plus encadrées par la réglementation. Le choix du produit ou d’un procédé alternatif vous sera conseillé par l’entrepreneur, il est donc déconseillé de fournir vous-même les produits phytosanitaires et les engrais.
Mettre en place un barème de pénalités en cas de retard d’exécution. Les plantes n’aiment pas être entretenues irrégulièrement.
Avoir toujours une assurance de reprise des végétaux en cas de problèmes.
Négocier éventuellement un gardiennage d’hiver pour les plantes fragiles.
Refuser les devis facturés.


• L’arrosage automatique
On l’entend suffisamment dire, il est essentiel de réduire les dépenses d’eau. Si donc vous avez dans vos entreprises des espaces verts importants qu’il faudrait arroser, nous vous conseillons de réfléchir à la mise en place d’un arrosage automatique. Un arrosage automatique bien conçu permet de réaliser jusqu’à 30% d’économie d’eau.

Un système d’arrosage automatique est une installation de matériels enterrés ou non enterrés pourvus d’arroseurs et d’un matériel de programmation.
Les tuyaux, s’ils sont enterrés, doivent être résistants au gel et d’un diamètre d’au moins 19 mm.
On trouve deux types d’arroseurs, les aspergeurs simples et les turbos aspergeurs. On choisira l’un ou l’autre en fonction de la taille de l’espace vert. Un aspergeur simple suffira pour une surface d’un rayon maximal de 4 m (environ 20 à 50 m2), alors qu’un turbo aspergeur pourra envoyer l’eau dans un rayon de 11 m.
Il existe deux grands types de programmateurs :
- les mécaniques, qui ouvrent et ferment l’arrivée d’eau en fonction de la minuterie
- les électroniques, qui possèdent une
horloge intégrée pouvant prendre un compte des programmations sur plusieurs semaines.
Attention si vous désirez mettre en place un arrosage automatique : il faut absolument tenir compte du climat général de la région, notamment pour l’enfouissement des tuyaux.
Votre installation est de votre responsabilité, notamment dans tous les cas de fuite pouvant occasionner des dégâts au voisinage ou à l’environnement.          

L’éclairage
Il est préférable d’opter pour des éclairages en basse tension à l’extérieur (12 à 24 volts).
Si vous devez utiliser du 220 volts, il y a des règles à suivre et seul un électricien pourra réaliser l’installation :
- Les câbles devront être isolés, étanches et de couleur orange.
- La mise à la terre devra être effective.
- Une plaque bien visible, de couleur rouge ou verte, signalera à l’attention des jardiniers la présence de courant fort.
- L’ampérage doit être d’au moins 10 ampères pour 2000 watts et de 16 ampères pour 3 600 watts
- Prévoyez une protection différentielle spécifique (interrupteur, disjoncteur...).

Pour les autres types d’éclairages sachez que :
- Un détecteur de présence peut être utile la nuit dans certains cas, pour l’allumage des éclairages.
- Une horloge de programmation simple peut aider à gérer ce type d’éclairage de confort.
- Les lampes halogènes quartz donnent un excellent aperçu des végétaux.

  - Il existe des ampoules spéciales dont la lumière n’attire pas les insectes.
- Un arbre s’éclaire toujours par le bas le plus près possible du tronc.
- Pour les végétaux à feuilles vertes, utilisez de préférence des lampes à vapeur de mercure et pour ceux de couleur rouge, des lampes à sodium haute pression.

DÉVELOPPEMENT DURABLE
En aménageant et entretenant des jardins et espaces verts, les entreprises du paysage participent à l’amélioration de l’environnement. Les végétaux qui sont plantés et entretenus contribuent en effet, à stocker le carbone et ainsi à limiter les gaz à effet de serre, à fixer les particules fines ou encore à humidifier l’air et à baisser la température.
Cependant, pour contribuer pleinement à l’amélioration de l’environnement, les entreprises s’attachent à diminuer leur impact sur l’environnement en :
Favorisant la biodiversité par le choix de végétaux adaptés, notamment sur les toits-terrasses  ou le choix des plantes est important.
Diminuant les quantités de produits phytosanitaires par l’utilisation de techniques alternatives (choix de végétaux résistants, gestion différenciée, désherbage thermique…)
Gérant mieux leurs déchets
Réduisant les pollutions liés aux transports par une formation des conducteurs à une conduite économique ( écoconduite)
Réduisant l’arrosage grâce à des semences moins fragiles au dessèchement  et paillage des massifs pour éviter l’usage des désherbants .


Combien coûte un contrat d’entretien ?
Un spécialiste répondra que «cela dépend de ce que vous avez à entretenir ». tout à fait juste, mais cela rend difficiles les comparaisons et notamment la prévision budgétaire.

Voici donc ce qui rentre en ligne de compte :
-le nombre de plantes,
-le type de plantes,
-les difficultés d’accès,
-la facilité ou la difficulté de stockage des outils et produits pour l’entretien,
-la périodicité (également fonction du nombre et du type de plantes),
-les saisons (on arrose davantage l’été par exemple),
-le nombre de jardiniers et le temps passé,
-les modifications de paysage de vos espaces verts,
-le type de matériel qui sera utilisé pour l’entretien de vos espaces verts,
-les véhicules à utiliser, notamment pour l’enlèvement des déchets.

Quelques références de coûts
- Une heure de main d’œuvre
En entretien: 38 €
En création : 45 €
-Une assurance garantie des végétaux coûtera environ 5% en sus du prix des plantes
-Un contrat d’entretien pour un espace paysager de 50m2 coûtera en fonction de sa typologie (pelouse, plantes, arbres, etc…) entre 800 et 2 500€/an.
-Une tondeuse professionnelle auto-portée coûte environ 3 500 et 6 500€ (amortissement par an sur trois ans).


Repères
Si vous devez faire travailler des jardiniers dans vos espaces verts extérieurs, il vous faudra prendre un certain nombre de précautions pour que la responsabilité de votre entreprise ne soit pas engagée en cas d’accident :

Le matériel (s’il vous appartient) doit être entretenu, rangé à l’abri et faire l’objet d’un affichage du mode d’emploi décrivant les risques et les précautions à prendre. C’est particulièrement vrai pour les tondeuses, tronçonneuses, débroussailleuses, etc.

L’hygiène et la santé : votre prestataire doit s’assurer que son personnel est vacciné contre le tétanos et que les rappels sont régulièrement effectués. Même chose s’il s’agit de personnel de votre entreprise,

Les produits phytosanitaires doivent être stockés dans des pièces fermant à clef. Une procédure d’utilisation doit être rédigée et affichée (ne pas fumer, ne pas mélanger, respecter les quantités et les modes d’emploi, porter des gants, des lunettes, etc.).

Certaines plantes ne sont pas nos amies : personne ne devrait s’amuser à « goûter » les plantes ou leurs fruits. Méfiez-vous notamment des plantes suivantes dont l’absorption pourrait être néfaste, voire mortelle : les ifs, les troènes, les fusains, le houx et les lauriers roses.

 
 
 
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